« Flashez, mangez » : Restoflash / Emmanuel Rodriguez

Rencontre avec Emmanuel Rodriguez, fondateur de Restoflash, la petite start-up qui monte… Qu’est-ce que Restoflash ? Restoflash, c’est du titre restaurant sur mobile. Pour résumer, depuis quarante ans, le titre restaurant est un produit qui permet à 3 millions de salariés de déjeuner tous les jours, c’est un produit réglementaire qui permet un allègement de charge . . .

Rencontre avec Emmanuel Rodriguez, fondateur de Restoflash, la petite start-up qui monte…

Qu’est-ce que Restoflash ?

Restoflash, c’est du titre restaurant sur mobile. Pour résumer, depuis quarante ans, le titre restaurant est un produit qui permet à 3 millions de salariés de déjeuner tous les jours, c’est un produit réglementaire qui permet un allègement de charge et pour le salarié et pour l’employeur. Sur le marché, quatre acteurs principaux peu innovants : on s’est dit qu’on avait la possibilité de les prendre de vitesse et de qualité en proposant le titre restaurant sur mobile.

En quoi ces acteurs majeurs sont-ils peu innovants ?

Les quatre acteurs ont développé le marché papier qui est aujourd’hui dans un équilibre très satisfaisant pour eux. Ils se sont regroupés au sein d’un organisme, La Centrale de Remboursement des Titres, qui leur permet d’avoir les coûts de traitement de papier les plus bas du marché, ce qui constitue une barrière à l’entrée. En l’absence de concurrence, ils n’avaient pas spécialement besoin de faire évoluer leur offre. Avec Restoflash, nous venons proposer quelque chose de nouveau.

D’un côté, le restaurateur va bénéficier d’un produit moins cher, qui lui libère du temps et qui lui permet en plus de communiquer auprès des salariés via ce qu’on appelle « les bons plans », en donnant des informations sur ses offres et de faire des promotions de manière très simple.

De l’autre côté, le salarié obtient une capacité à gérer son déjeuner avec paiement à valeur exacte ce qui lui permet de moduler son budget de manière très flexible, piloter avec les bons plans, organiser un déjeuner entre copains via des systèmes affinitaires et même régler l’addition à distance grâce à un système de partage de l’addition.

Avec Restoflash, il n’est pas seulement question de paiement, mais aussi de relation : la pause déjeuner est plus sympathique.

Comment as-tu eu cette idée ?

J’ai beaucoup travaillé dans l’innovation et j’ai travaillé pour Accor Services, le leader de ce marché, qui s’inquiétait du devenir de son produit par rapport au défi du numérique. Je travaillais à la dématérialisation du ticket restaurant mais quand j’ai compris qu’ils ne bougeraient pas en France, j’ai décidé d’y aller moi-même.

J’ai défini à la fois du point de vue réglementaire et du point de vue fonctionnel ce qu’il fallait faire avec une équipe de quatre personnes de base, presque tous des anciens d’Accor Services. Nous connaissions les paramètres métier nécessaires et nous espèrons avoir développé un bon produit. L’application Restoflash est née en avril 2011.

Comment ça marche ?

Aujourd’hui le titre restaurant, c’est un produit imposé aux restaurateurs que les entreprises donnent comme une commodité. Nous, nous disons qu’aujourd’hui les salariés ont le choix et les restaurateurs peuvent aussi bénéficier de ce produit ; ils peuvent retrouver le sens des rapporteurs d’affaires et les éléments de mise en relation avec les clients. Nous avons décalé le centre de gravité en dessinant un produit pour les restaurateurs. Quand la concurrence réagit sur la carte, ils ne font que décaler l’impression du papier. Avant c’était l’émetteur qui imprimait le papier, maintenant c’est le restaurateur qui imprime autant mais sur du papier carbone, le pire pour l’environnement ! Ils ne font ni attention au restaurateur, ni à l’environnement…

Nous avons également mis en place un système de paiement non seulement à valeur exacte mais instantané qui fait gagner un temps précieux. Même si nous ne sommes qu’au début de l’aventure avec un décret qui date d’avril 2014 [reconnaissance du produit comme réglementaire avec avantage donné au numérique – ndlr] et que nous accélérons à partir de maintenant, nous sommes assez confiants. Nous atteignons aujourd’hui 30% de part de marché en proposant un système mixte [papier + Restoflash – ndlr] ce qui nous met au niveau des deux leaders ce qui nous autorise à rêver en grand…

Quelles perspectives, quels projets aujourd’hui ?

Nous visons, bien sûr, le leadership sur le numérique, ce qui risque de ne pas être trop compliqué vu que nous sommes seuls sur ce marché mais nous espérons surtout devenir un acteur majeur national. Nous souhaitons construire un réseau d’ici 18 mois avec tous les restaurateurs de France qui ont envie de passer à Restoflash parce que c’est moins cher et parce qu’ils pourront encaisser directement sur leur téléphone sans médiation d’un terminal. Le cœur de notre stratégie c’est de créer un partenariat avec les restaurateurs de quartier.

Nous développons également des systèmes de dons solidaires. L’idée c’est que grâce aux nouvelles technologies, nous pouvons faire mieux.

En résumé, Restoflash, c’est une innovation simple, économique et écologique. Le système du titre restaurant tel qu’il existe actuellement est honteux en termes d’impact environnemental. Restoflash, c’est le ticket restaurant réalisé, avec une vraie valeur ajoutée.

Les tickets restaurants en chiffres :

  • 3,5 millions de salariés / 120 000 entreprises
  • 160 000 restaurateurs
  • Par rapport au numérique, le papier représente un surcoût d’environ 600 millions par an
  • Si l’on met bout à bout les titres restaurant, on fait près de 3 fois le tour du monde (120 000 km)
  • 15 500 tonnes de papier
  • 8 000 tonnes de CO2 
  • 250 litres d’encre et de métaux toxiques

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